T'es qui, tôôôa ?

Le Choc de l'oeuvre d'art

Dimanche 8 janvier 2006

Il est de ces films pour lesquels on ne sait pas trop pourquoi on sort son portefeuille : je ne regarde pas spécialement les bandes-annonce. Je suis plutôt du genre palpable, sensible aux sonorités, au "goût" du film : sa texture, ses couleurs, ses odeurs...

Aujourd'hui je regarde la page ciné du "progrès" : Tiens, Le Temps qui reste, j'avais envie de le voir. A Saint-Genis, 17h. Impeccable.

Et puis voilà, c'est comme une grande caresse qui fait mal, qui laisse ces griffes dans l'âme du spectateur. Si le sublime de Kant était un film, ce serait celui-ci.

Ozon nous parle de vie en mentionnant la mort avec une justesse et une douceur absolument prodigieuses. Les images parlent en silence mais tout est clair, sans vague. Le film ne dit rien mais pourtant il dit tout. Je n'ai rien à dire sur ce film, parce qu'on ne peut pas mettre de mots sur tout.

Ca faisait vraiment longtemps que je n'avais pas pleuré au cinéma...
Ca fait du bien. Je crois que je n'oublierai jamais ce moment-là.

Par Peroline
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Mardi 10 janvier 2006
Le Temps qui reste, film qui laisse du temps, m'en a offert suffisamment pour ce dimanche 08 janvier. Quand je suis sortie de la salle, je ne m'en suis pas rendue compte tout de suite, mais j'étais comme un bébé : sensible à la lumière, aggressée par les sons et les odeurs.

Le soir je me suis sentie perméable au monde qui m'entourait ; c'est rare, peut-être même unique.

Ce dimanche soir, j'ai revu le zapping de l'année 2001.
Juste comme ça.
Juste pour voir ce que j'ai retenu, ce que j'ai oublié.
Et comment le monde avait changé en quatre ans.

Ce dimanche soir, j'ai pleuré devant les cris d'un enfant qu'une mère, impuissante, arrache à son père.

Ce dimanche soir, j'ai pleuré devant les Twin Towers qui s'effondraient.

Ce dimanche soir, j'ai pleuré devant la bêtise de cet Arabe, qui était "bien content, le jour du 11 septembre".

Ce dimanche soir, j'ai pleuré et j'ai aussi compris que ce film de François Ozon avait changé quelque chose en moi, que le personnage interprété par Melvil Poupaud resterait à jamais gravé dans ma peau.

Ce dimanche soir, j'ai eu envie de ne jamais avoir vu le film, juste pour ressentir ça pour la première fois.
Par Peroline
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Mercredi 1 février 2006
Mardi 31 janvier 2006. Pour conclure la première parcelle de cette nouvelle année, je me dirige vers l'espace culturel de Saint-Genis Laval, direction Jean Renoir, arrêt "La Règle du jeu".

Premier soucis : je suis très fatiguée. Le film commence dans une cacophonie assourdissante, alors que l'un des personnages principaux, un dénommé André Jurrieux, finit sa traversée de l'Atlantique (ou d'un autre océan, je suivais déjà plus très bien) dans un tonnerre d'applaudissement. Je me bouche presque les oreilles, j'en ai mal aux tympans, mais cette brusque entrée en matière sonore aura au moins eu le mérite de me donner une petite claque.

Je parvenais donc, non sans efforts, à suivre la première demi-heure du film, prélude nécessaire à une compréhension globale. Mais soudain c'est le drame, et je succombe enfin aux bras de Morphée.

Je me mets à penser à la mini-série "Clara Sheller", dont j'avais revu les épisodes les jours derniers. Je me mets à penser à "Friends", allez savoir pourquoi, même si c'est vrai que j'y pense souvent.

Quand je me réveille, je n'ai pas loupé grand chose. Heureusement.

L'intervention de ce cher Jean-François "Jeff" Buiré, un de mes anciens professeurs, m'offra quelques indications sur la façon dont fonctionne le film, et sur son fameux titre.

Dans le genre ciné-club, c'était pas terrible ce soir. J'ai préféré "La Vie est belle" de Capra, diffusée dans le même cadre quelques semaines plus tôt.
Par Peroline
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Mercredi 23 août 2006
Avis à la populace lyonnaise !!

En septembre sera diffusé, à trois reprises, la merveilleuse comédie musicale Le Magicien d'Oz, à l'Institut Lumière. J'invite (enfin, façon de parler) tous mes amis à venir voir cette petite somptuosité sur grand écran (et à me dire quel jour leur conviendrait, qu'on y aille ensemble).

Date des représentations :
Samedi 16 septembre, 14h30.
Mercredi 20 septembre, 14h30.
Samedi 23 septembre, 14h30.

Tarif unique de 2 euros par personne durant les séances jeune public.
Durée du film : 1h42.
A partir de 6 ans. :P
Par Peroline
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Mardi 26 septembre 2006
D'abord je l'ai déjà vu, ensuite c'est pas normal. Pas normal qu'un seul film, que cette illusion, finalement, puisse raconter autant de choses, puisse être aussi beau. Et pas seulement la beauté telle que le cinéma la montre habituellement, mais la beauté des regards, la beauté des couleurs, la beauté des peaux et des pots d'échappement ; je n'avais pas vu un film aussi bien étalonné depuis... ?
C'est pas vraiment une histoire, c'est aussi une musique, une ambiance, une rivière qui dort lentement et une pluie qui tombe ; c'est le malheur qui s'abat sur deux vies, ce sont deux vies qui se recoupent et qui nous coupent le coeur en deux, l'esprit déjà dans un au-delà.
Film parfait car indécoupable, film unique car indéchiffrable - heureusement. Dans un demi-ton maîtrisé avec talent, où la caméra laisse la place à l'homme, où le spectateur n'impose plus ses règles (du marché). Quand une scène devrait me faire rire, on me l'enlève subitement ; quand une scène devrait m'exciter, elle se termine abruptement ; quand la fin devrait me faire pleurer, on ne m'autorise pas l'extériorisation d'un sentiment déjà trop vu, déjà trop familier.
Film qui naît dans le coeur sans utiliser les signes d'un cinéma codifié. Beauté sans retenue.
Merci...
Par Peroline
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Lundi 9 octobre 2006
Catégorie "Choc de l'oeuvre d'art", où l'oeuvre n'est pas toujours de l'art mais au moins l'expression de nos chers concitoyens, je vous propose ici quelques liens vers le site des 1D qui ont mis en place les Short Sessions.

Principe du bidule : un thème, un court-métrage d'1min30 max (enfin...) et de biens intéressantes surprises... Avec l'envie de soutenir les initiatives de passionnés de la caméra !

Thème 1 : La Recette
Avec notamment les courts de Seb A (graphiquement très calé), de Jacky Testard (qui sent bon ? les années 80), et de Vivien.

Thème 2 : Dans la peau de...
Avec notamment les courts de Adrien (plutôt décalé), Damien (hilarant quand on le connaît, franchement drôle quand on ne le connaît pas), et de Vivien (franchement excellent, avec une fin inattendue).

Thème 3 : Les apparences sont parfois trompeuses
Avec notamment les courts de Alrune (pour la recherche graphique) et de Vivien (pour le côté docu-fiction comme on dit si mal).

Thème 4 : Quand j'étais petit
Avec notamment les courts de Raph (malgré une fin un peu décousue), de Seb A (vraiment excellent), de YR (inattendu), de Matthieu (qui milite pour que les adultes arrêtent de raconter des conneries aux enfants - attention au son, qui est très faible : pensez à baisser à la fin du court pour ne pas vous bousiller les oreilles).

Ma palme est décernée à Lionel pour son court (cours ?) sur le thème "Quand j'étais petit" : premier court d'animation, personnel, drôle, universel et tout à fait rythmé.

Le prochain thème est "La fin du monde" avec dépôt des courts le 05/11/06.
Bon visionnage !

Ps : pour voir les courts en grand, placez la souris sur le coin en haut à gauche de l'écran ; deux icônes apparaissent : celle de droite "Theater Movie" vous permettra de voir le film comme au cinéma.

Ps 2 : pour signaler que le court-métrage "Aquaphène" a gagné le premier prix du concours Café DV édition 2006.
Par Peroline
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Lundi 30 octobre 2006
Angleterre, 1921. Délaissée par son mari handicapé, lady Constance Chatterley coule des jours monotones. Elle joue pourtant parfaitement son rôle de jeune femme de bonne famille, mais peu à peu, sa santé se dégrade. Au cours de promenades dans le parc qui entoure le château, la jeune femme croise fréquemment le garde-chasse du domaine, qui ne la laisse pas indifférente…

Il existe une catégorie de films si intime et si secrète qu’elle ne saurait être clairement identifiée. Elle regroupe quelques merveilles et au moyen d’images qui marquent à jamais, elle se trouve gravée dans l’esprit et la mémoire. De Lady Chatterley, paradoxalement, on n’en retient pas moins les images que les odeurs, les couleurs et la texture. Mais si l’image est défaillante, c’est parce qu’elle est au service, non pas d’un film, encore moins d’un schéma narratif, mais d’un sentiment vrai et véritable.


La relation
de cette femme fragile, perdue dans une vie sans vie, avec ce mastodonte, roc forgé dans du bois vif, se lit telle une fleur qui, à la mesure des quatre saisons, éclot avec le temps. Douceur des regards, subtilité des dialogues, précision du rythme, Pascale Ferran construit un film impeccable, implacable, indomptable, sans fioriture et sans excès, sans pathos ni guimauve.


La réalisation parfaite rend le produit parfait, et l’énumération des points forts du film ne saurait prendre fin. L’un des forts atouts néanmoins que l’on ne saurait assez considérer, c’est l’implication même de la réalisatrice dans son œuvre, où sa main guide ses personnages, et où sa voix leur montre, à sa façon, le chemin. Le travail de Pascale Ferran donne à découvrir la beauté du cinéma, où ses moindres éléments resplendissants ne laissent plus aucun doute : Lady Chatterley fait partie de cette catégorie du grand cinéma.
Par Peroline
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Jeudi 30 novembre 2006
Allez, c'est peut-être le moment de prendre la plume et de parler de ce film, même si l'envie n'est pas du tout là. En réalité, je crois que j'ai envie d'oublier ce film, non pas pour ce qu'il dit mais surtout pour ce qu'il ne dit pas, pour ce qu'il n'est pas. Je m'attendais à voir un film qui me parlerait, et finalement je me suis retrouvée face à un produit que j'avais déjà vu à la télé je crois, avec des héros mal vus et mal filmés, et un message complètement laissé de côté.

Le film ressemble beaucoup à Elephant de Gus Van Sant dans ses intentions, mais en pratique c'est totalement raté. C'est assez bizarre, d'ailleurs, parce que c'est le même principe : dans un lycée américain, on suit des adolescents qui ont chacun leurs problèmes : le but étant de découvrir qui finit par se tuer dans un placard (scène qu'on nous montre en ouverture).

Mêmes procédés avec les ralentis, les scènes vues de plusieurs points de vues, mais pourtant, le réalisateur ne parvient pas une seule fois à saisir qui sont réellement ces adolescents : pour montrer qu'ils souffrent, ils les filment en train de pleurer, pour montrer qu'ils sont heureux, il fait un gros plan sur leurs sourires. Le pire est que leur vraie violence est totalement passée sous silence parce que le réal (Murali K. Thalluri) s'imagine que pour comprendre la violence il suffit de la montrer. On a donc droit à une scène de viol d'un frère sur sa soeur (j'y ai pensé toute la nuit) et à un gros plan sur des veines qui sont coupées, mais finalement ces deux séquences ne sont violentes que par ce qu'elles montrent (dans un premier niveau) et pas du tout pour ce qu'elles représentent.

On étouffe sous des gros plans trop nombreux, trop oppressants et qui nous écrasent sous un sens qu'on nous impose et non qu'on nous propose. La journée des ados est entrecoupée d'extraits de pseudo-documentaires où chacun vient parler de ses problèmes mais finalement la communication ne passe pas.

Sur l'écran final s'affiche un message du réal, qui veut que le film soit un hommage à un(e) ami(e) qui s'est tué(e). Le film fait tout le contraire : en commençant par la fin, le réal fictionnalise un sujet qui est bien plus fort lorsqu'il est traité dans sa réalité la plus concrète. Bien évidemment, la découverte de l'identité du suicidaire est une surprise (au point que je me suis dit : mais c'est qui, ça, déjà ?) et finalement on a même besoin de flash-back pour s'en rappeler. Le réal cherche par là à nous culpabiliser de nous intéresser uniquement aux personnages de premier plan mais en l'écartant lui-même de son récit, il passe complètement à côté de son hommage et traite la personne avec encore plus d'indifférence.

Je me sens d'autant plus outrée par ce film que son sujet est une réalité, et qu'ici la forme se veut concrète, proche du réel, et finalement tout est raté, plombé. Je me sens désolée d'un cinéma qui détruit tout ce que l'humain tente de faire, et je refuse de pardonner le prétexte d'une bonne action mal faite et finalement injuste.

Non, décidément, ce film m'a marquée de la douleur d'un cinéma qui part dans le mauvais sens.

Par Peroline
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