Mercredi 21 juin 2006
La disparition, c'est celle de la lettre française la plus utilisée, j'entends : le "e".
A voir également sur l'atelier d'écriture de Clo, dont vous trouverez en bas à droite le lien direct (Kloe's Jeux de mots).
Isidor
Mon voisin avait un ours. Un vrai ours. « Ca suffit » j’ai dit (au moins cinq fois), mais il n’avait jamais voulu qu’Isidor, son gros nounours, soit loin du cocon familial.
Un matin, l’animal a fui, abandonnant son patron qui fut si abattu qu’il sanglota durant trois jours. Voyant son affliction, j’accusais la disparition : « Lui, si bon, si distrayant, a rompu sans soupir ni contrition pour vous. Il a mal fait, il a failli. Moi, Paul Blanchard, dis qu’il vivra pour toujours ici, au 5 cours du Bois Joli ». Moi, Paul Blanchard, à coup sûr fou, avais promis un truc vain : l’animal.
Du coup, j’ai couru partout, fouillant magasins, zoos, bars. Utilisant tout soupçon ouï par l’habitant, j’allais urbi, orbi, las, abattu, mais confiant. Or l’animal avait disparu.
Au bout d’un mois, voyant mon voisin toujours aussi mal, j’accordais à mon travail l’apposition « improductif ». Abattu par l’information, il murmura « Isidor, Isidor ». Alors, il barricada son affliction durant huit mois dans un black-out saisissant.
Un an plus tard, il frappa à mon habitation : « J’ai acquis un animal : Gaston ! », montrant son ‘fiston’ : un girafon.
Moi, Paul Blanchard, soupirant alors, jura d’avoir toujours un but : fuir Gaston.
A voir également sur l'atelier d'écriture de Clo, dont vous trouverez en bas à droite le lien direct (Kloe's Jeux de mots).
Isidor
Mon voisin avait un ours. Un vrai ours. « Ca suffit » j’ai dit (au moins cinq fois), mais il n’avait jamais voulu qu’Isidor, son gros nounours, soit loin du cocon familial.
Un matin, l’animal a fui, abandonnant son patron qui fut si abattu qu’il sanglota durant trois jours. Voyant son affliction, j’accusais la disparition : « Lui, si bon, si distrayant, a rompu sans soupir ni contrition pour vous. Il a mal fait, il a failli. Moi, Paul Blanchard, dis qu’il vivra pour toujours ici, au 5 cours du Bois Joli ». Moi, Paul Blanchard, à coup sûr fou, avais promis un truc vain : l’animal.
Du coup, j’ai couru partout, fouillant magasins, zoos, bars. Utilisant tout soupçon ouï par l’habitant, j’allais urbi, orbi, las, abattu, mais confiant. Or l’animal avait disparu.
Au bout d’un mois, voyant mon voisin toujours aussi mal, j’accordais à mon travail l’apposition « improductif ». Abattu par l’information, il murmura « Isidor, Isidor ». Alors, il barricada son affliction durant huit mois dans un black-out saisissant.
Un an plus tard, il frappa à mon habitation : « J’ai acquis un animal : Gaston ! », montrant son ‘fiston’ : un girafon.
Moi, Paul Blanchard, soupirant alors, jura d’avoir toujours un but : fuir Gaston.